19 février 2008

L’hostilité contre l’islam s’exacerbe aux Pays-Bas

posté dans Actualites |

En annonçant son film contre le Coran, Geert Wilders, l’ancien collègue de Hirsi Ali, passé à l’extrême droite, prépare un nouveau scandale.
L’appeL à l’aide d’Ayaan Hirsi Ali suscite plus d’émotion en France, voire au Parlement européen, où cette intellectuelle menacée de mort par des islamistes s’est rendue hier, que dans son pays. Sans doute parce qu’aux Pays-Bas, il y a désormais mieux ou pire pour animer le débat sur les dangers du fondamentalisme musulman ; un débat d’une rare violence qui accompagne une forte poussée du populisme.

Dans son rapport publié lundi dernier, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe (Ecri) souligne que, depuis 2000, «le ton du débat politique et public aux Pays-Bas sur la question de l’intégration (…) » et celles «intéressant les minorités ethniques s’est fortement détérioré. Les communautés musulmanes ont été particulièrement touchées par cette évolution qui a entraîné une augmentation substantielle de l’islamophobie sur la scène politique». Et les experts indépendants de souligner la dureté des propos qui, au nom de la liberté d’expression, «a entraîné le droit de manier délibérément l’offense» envers les minorités musulmanes (environ un million d’individus sur les 16,4 millions de Néerlandais).

Le populisme en progression

Geert Wilders n’est pas nommément cité. Mais le Parti de la liberté (VVD) qu’il dirige, classé à l’extrême droite, est souvent mentionné dans le rapport de l’Ecri. Reprenant le flambeau du populiste Pim Fortuyn, assassiné en 2002, Geert Wilders, après avoir contribué à la victoire du non au référendum sur le traité européen en 2005, a obtenu 5,8 % aux législatives de 2006. L’extrême gauche en a recueilli 16,6 %. En additionnant ces deux forces en progression dans les récents sondages, «vous pouvez considérer que le populisme pèse un tiers de l’électorat», analyse l’universitaire Paul Scheffer, précisant : «Et la campagne européenne a prouvé que ce tiers peut devenir une majorité.»

Sur ce vaste marché que se disputent les extrêmes même si tous les sujets et tous les «segments» de populations ne sont pas compatibles , Geert Wilders donne le ton. Sa dernière offensive a consisté à comparer le Coran à Mein Kampf et à demander en conséquence l’interdiction du livre religieux. «Il faut déchirer la moitié du Coran et la jeter», répète-t-il en annonçant depuis des mois qu’il en fera la démonstration dans un film que le gouvernement néerlandais attend avec une crainte légitime.

Pim Fortuyn, Theo Van Gogh, Ayaan Hirsi Ali et maintenant Geert Wilders : les Pays-Bas se sont peu à peu habitués à parler de l’immigration et de l’islam en des termes rudes. Et les frontières ne sont pas celles dessinées par d’angéliques mains germanopratines. Mme Hirsi Ali et M. Wilders furent longtemps membre du même parti libéral. Ils ont cosigné nombre de tribunes ensemble, notamment celle en faveur d’un «djihad libéral». Ils sont animés par la même conviction que jamais ne pourront être conciliées les valeurs musulmanes et celles des démocraties occidentales. Et ils ont partagé les mêmes baraquements militaires, pour être tous deux menacés par les islamistes.

source : Le figaro

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Ce billet à été posté par "laq" le Mardi 19 février 2008 à 10 h 16 min et est enregistré sous Actualites. Vous pouvez suivre les réponse à ce billet avec ce flux RSS 2.0 . Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback depuis votre Blog.

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